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Pleins et DéliésLe magazine de l’écriture manuscrite

École et famille

Les aménagements scolaires quand écrire est un obstacle

Du plan d’accompagnement personnalisé au dossier MDPH : les dispositifs officiels, les textes qui les fondent, et l’ordre des démarches.

Une chemise cartonnée ouverte sur une table, des formulaires imprimés empilés, un stylo posé sur la première page, un ordinateur portable ouvert à droite et un carnet vert glissé sous la pile.

Lorsqu’écrire devient un obstacle, la réponse de l’école française tient dans une famille de dispositifs écrits, chacun avec son texte, son périmètre et son interlocuteur : le programme personnalisé de réussite éducative, le plan d’accompagnement personnalisé, le projet personnalisé de scolarisation, puis les aménagements prévus au moment des examens. Les sigles fusent dans les conversations de salle des maîtres et dans les recherches des familles, souvent mélangés : la paire la plus fréquente croise le mot dysgraphie et le sigle MDPH, comme si tout se jouait au même guichet. C’est précisément la confusion que cette page veut dissoudre. Elle suit l’ordre réel des démarches, de la classe ordinaire jusqu’au dossier départemental, et s’appuie sur des textes ouverts et datés le jour de la rédaction, au premier rang desquels la circulaire n° 2015-016 du 22 janvier 2015, consacrée au plan d’accompagnement personnalisé et publiée au Bulletin officiel n°5 du 29/01/2015. Ce qu’on observe avant toute démarche se lit d’abord dans la page sur ce que montre un cahier : une demande se prépare avec des faits, pas avec une inquiétude.

Ce qu’on peut demander sans dossier

La première réponse ne porte aucun sigle. Dans la classe ordinaire, l’équipe pédagogique ajuste ce qui se joue autour du geste : une copie réduite à l’essentiel, un texte à trous qui remplace la recopie de la leçon, une feuille déjà réglée, une consigne relue à voix haute, un temps de travail étalé. Ces mesures ne demandent ni commission ni formulaire : elles dépendent de l’enseignant, qui les décide d’un geste quotidien, et elles se révisent au fil des semaines. Elles méritent d’être demandées tôt, clairement, et notées quelque part, parce qu’elles constitueront plus tard la mémoire de ce qui a déjà été essayé. La conversation commence avec l’enseignant, puis, si le besoin s’installe, avec la direction de l’école ou avec le professeur principal au collège. Ce premier étage de la démarche n’ouvre aucun droit, il ouvre une trace : les cahiers, les copies et leurs dates racontent ce que l’écriture coûte, et c’est cette trace qui appuiera tout le reste.

Le PPRE et le PAP : deux réponses de l’école

Quand les difficultés durent malgré ces ajustements, l’école dispose de deux plans écrits. Le programme personnalisé de réussite éducative est la réponse générale de l’école aux difficultés scolaires ; le plan d’accompagnement personnalisé prend le relais quand ces difficultés résultent d’un trouble des apprentissages. L’article D. 311-13 du code de l’éducation, cité in extenso par la circulaire n° 2015-016, l’énonce ainsi : les élèves dont les difficultés scolaires résultent d’un trouble des apprentissages peuvent bénéficier d’un plan d’accompagnement personnalisé, après avis du médecin de l’éducation nationale, et ce plan « se substitue à un éventuel programme personnalisé de réussite éducative ». La même circulaire décrit le public visé : il « répond aux besoins des élèves qui connaissent des difficultés scolaires durables ayant pour origine un ou plusieurs troubles des apprentissages ». Deux précisions comptent pour une famille. La première : le constat du trouble « est fait par le médecin de l’éducation nationale ou par le médecin qui suit l’enfant », ce qui place le médecin au centre de la démarche et laisse l’école, seule, du côté des mesures pédagogiques. La deuxième : le plan « est révisé tous les ans », ce qui en fait un document vivant plutôt qu’un verdict. Le plan d’accompagnement personnalisé définit les mesures pédagogiques qui permettent à l’élève de suivre les enseignements du cycle où il est scolarisé ; son document « se décline en quatre fiches distinctes pour l’école maternelle, l’école élémentaire, le collège et le lycée », et il suit l’élève lors des changements d’établissement. Le trouble en cause n’a pas besoin d’un nom arrêté pour que la démarche avance ; la page sur la dyspraxie décrit par exemple un trouble de la coordination qui met le geste d’écrire au centre de la conversation, et qui se raconte à l’école exactement dans cet ordre.

Le PPS et la MDPH : quand le handicap est reconnu

Au-dessus du plan d’accompagnement personnalisé, un autre étage et un autre guichet. La maison départementale des personnes handicapées, que tout le monde appelle MDPH, est le guichet des droits et des prestations liés au handicap dans chaque département : c’est elle qui reçoit la demande, et c’est la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées qui décide des droits ouverts. Quand ces droits sont reconnus, la scolarité s’organise dans un projet personnalisé de scolarisation, le PPS, qui réunit l’école et les accompagnements autour de l’élève. La différence de nature compte : le plan d’accompagnement personnalisé reste un dispositif pédagogique, interne à l’école, quand le projet personnalisé de scolarisation relève d’une décision prise hors de l’école, après reconnaissance du handicap. La circulaire de 2015 ajoute une phrase que les familles cherchent souvent : le plan d’accompagnement personnalisé « ne constitue pas pour les familles un préalable nécessaire à la saisine de la MDPH ». Autrement dit, demander un plan n’enferme dans rien, et déposer un dossier MDPH n’attend pas la fin d’un plan : les deux voies se tiennent dans le même temps, chacune à son rythme. Le dépôt se fait auprès de la MDPH de son département, sur papier ou en ligne sur le téléservice public de demande, qui s’appuie sur le formulaire Cerfa n° 15692*01.

Les dispositifs, du plus simple au plus structuré, d’après les textes ouverts le 02/09/2026
DispositifÀ quoi il sertQui le demandeQui le décideCe qu’il permet
Mesures de classeAlléger le coût de l’écriture au quotidien, sans aucun dossierLa famille, auprès de l’enseignantL’enseignant, dans la classeDes ajustements immédiats, révisables chaque semaine, qui laissent une trace datée
PPRERépondre à des difficultés scolaires, avant qu’un trouble soit en causeL’école, ou la famille qui sollicite l’écoleL’écoleUn programme écrit, borné dans le temps, qui organise ce qui est tenté
PAPRépondre à des difficultés scolaires durables ayant pour origine un ou plusieurs troubles des apprentissagesLa famille, auprès de l’écoleL’école, après avis du médecin de l’éducation nationale ou du médecin qui suit l’enfantDes mesures pédagogiques pour suivre les enseignements du cycle, révisées tous les ans ; quatre fiches de la maternelle au lycée ; un document qui suit l’élève aux changements d’établissement
Dossier MDPHDemander la reconnaissance des droits liés au handicapLa famille, qui dépose le dossierLa commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, sur le dossier reçu par la MDPHL’examen d’une demande de droits et de prestations, déposée sur papier ou en ligne avec le formulaire Cerfa n° 15692*01
PPSOrganiser la scolarité quand le handicap est reconnuLa famille et l’école, dans le cadre ouvert par la MDPHLe dispositif se décide dans le cadre des droits reconnus par la commissionUn projet personnalisé de scolarisation, avec les accompagnements qui s’y rattachent
Aménagements d’examensTenir compte de la gêne documentée au moment des épreuvesLe candidat ou sa famille, au moment de l’inscriptionLe cadre propre à chaque examenDes conditions d’épreuve adaptées, appuyées sur ce que la scolarité a déjà mis en place

Les aménagements d’examens

Les examens et les concours ont leur propre réglementation, distincte de celle de la classe : les conditions adaptées se demandent au moment de l’inscription, et la gêne documentée pendant la scolarité en est le fondement. Cette page reste au niveau du principe : la réglementation propre à chaque examen évolue, et elle se vérifie au moment venu dans les textes en vigueur plutôt que dans un article de magazine. Le point qui ne bouge pas est l’ordre des choses : ce qui a été mis en place en classe, noté, révisé, raconté, constitue le dossier que la demande reprendra. Une copie de 2018 et une copie de cette année racontent mieux qu’un souvenir, et c’est exactement ce que la page sur ce que montre un cahier aide à préparer.

L’ordinateur en classe, en pratique

L’ordinateur figure parmi les mesures qui se discutent avec l’école, et il s’inscrit dans le plan qui en découle, plan d’accompagnement personnalisé ou projet personnalisé de scolarisation. En pratique, il change trois choses à la fois. Il délègue le tracé, et l’énergie qui allait au geste revient au contenu. Il rend l’élève lisible par les autres, ce qui change la correction et le partage des leçons. Et il ouvre une compétence nouvelle qui demande son propre apprentissage : taper vite et juste ne va pas de soi, et un clavier découvert au moment d’une dictée sert moins qu’il ne distrait. Les classes qui l’utilisent le plus utilement l’installent pour des usages précis, les longs écrits d’abord, et gardent la main pour ce qui reste rapide à écrire à la main, une date, un mot, une ligne de calcul. L’outil se décide au cas par cas, avec l’équipe, en regardant ce que l’écriture coûte réellement à l’élève, et il se réévalue comme le reste, d’une année sur l’autre.

Préparer sa demande sans y passer un an

L’ordre des étapes tient dans une phrase : l’observation d’abord, le médecin ensuite, le formulaire à la fin. Réunir les pièces utiles se fait en marchant : des cahiers et des copies datés, les comptes rendus des réunions avec l’école, les bilans déjà réalisés, les courriers déjà échangés. La page sur ce qu’un bilan observe décrit ce qu’une évaluation regarde et ce qu’elle apporte à un dossier ; elle rappelle aussi ce qu’un test ne dit pas, ce qui évite d’attendre d’un formulaire ce qu’il ne contient pas. Le dépôt, sur papier ou en ligne, ouvre l’examen du dossier par la commission ; le temps qui suit s’organise mieux quand le plan de l’année en cours continue de vivre pendant ce temps, puisqu’il est révisé tous les ans. Les fiches de dispositifs réunies dans le répertoire de l’écrit donnent la version courte de chaque sigle, cinq champs et une source. Et quand un texte officiel bouge, une formule change, un téléservice se déplace, cette page se révisera : écrire à la rédaction suffit pour le signaler.

  • Des cahiers et des copies datés, qui montrent la durée et non un seul mauvais jour.
  • Les comptes rendus écrits des échanges avec l’école, même courts.
  • Les bilans déjà réalisés, avec leurs dates, plutôt que leur souvenir.
  • Le nom du médecin qui suit l’enfant, puisque le constat passe par lui.
  • Une copie de tout ce qui est déposé, datée du jour du dépôt.

Cette page décrit des dispositifs et leur ordre, elle ne conseille personne en particulier : le choix entre un plan d’accompagnement personnalisé et un dossier MDPH se prend avec l’équipe pédagogique et avec le médecin qui suit l’enfant, et aucune page de ce magazine ne les remplace.