Culture de l’écrit
Les livres de référence sur l’écriture de l’enfant
Une bibliographie, pas une vitrine : auteur, éditeur, année, et ce que chaque ouvrage apporte au lecteur.

Le vocabulaire de la rééducation de l’écriture vient de livres, et d’abord d’un grand ouvrage collectif qui a donné au champ son socle descriptif. Cette page tient la bibliographie comme une bibliographie : auteur, titre, éditeur, année, et une phrase sur ce que l’ouvrage apporte. Elle ne recopie aucun extrait, ne reprend aucune préface, ne renvoie vers aucune boutique : chaque référence se vérifie dans un catalogue public, et la date se lit dans le livre lui-même.
Comment cette bibliographie est tenue
Trois règles la tiennent. La première : une référence n’entre ici que si l’édition a été retrouvée dans un catalogue public, catalogue collectif de l’enseignement supérieur, catalogue d’université ou fiche d’éditeur, croisées le jour de l’écriture de la page. La deuxième : quand l’année exacte d’édition n’a pas pu être confirmée, la référence paraît avec sa réserve, jamais avec une date de mémoire. La troisième : un ouvrage ancien se lit comme une source qui date une idée, il ne prescrit rien aujourd’hui, et les cadres théoriques d’avant les classifications actuelles des troubles des apprentissages sont signalés comme tels. La rééducation de l’écriture a une histoire : la connaître évite de reprendre pour acquis ce qui n’était qu’une école de pensée.
Les ouvrages fondateurs sur l’écriture de l’enfant
Le socle est collectif : « L’écriture de l’enfant », signé J. de Ajuriaguerra et ses collaborateurs, dont M. Auzias et A. Denner, paru en deux tomes chez Delachaux et Niestlé, à Neuchâtel. Le premier tome suit l’évolution de l’écriture et ses difficultés, le second porte sur la rééducation de l’écriture : le tome 2 se repère dans le catalogue collectif de l’enseignement supérieur, notice 00289193X, avec des éditions successives, et l’année exacte reste à confirmer au catalogue plutôt qu’à reprendre de seconde main. De ce travail sort l’échelle dite « d’Ajuriaguerra », repère historique de la description de l’écriture de l’enfant et de ses difficultés. Un lecteur qui veut comprendre d’où vient le vocabulaire de la gêne graphique, les notions de tenue de ligne, de dimension, de forme des lettres, commence là : non pas pour appliquer une méthode ancienne, mais pour voir le champ se construire.
Les manuels de rééducation
Deux auteurs portent la tradition francophone de la pratique. Robert Olivaux publie « Désordres et rééducation de l’écriture » chez ESF en 1971, puis « Pédagogie de l’écriture et graphothérapie » chez Masson en 1988, réédité chez L’Harmattan en 2005 : son cadre est pédagogique et graphologique assumé, antérieur aux classifications actuelles des troubles neurodéveloppementaux, et il se lit pour ce qu’il documente de la pratique de l’époque, pas comme une référence de vocabulaire actuel. Chantal Thoulon-Page publie « La rééducation de l’écriture de l’enfant : pratique de la graphothérapie » chez Masson puis Elsevier Masson, ISBN 9782294008382, dans les années 2000 à 2010, l’année exacte se confirmant à la fiche d’éditeur, avec une édition numérique parue sous un titre étendu à l’adolescent : cet ouvrage de pratique est régulièrement cité dans les formations francophones de graphothérapie. Le mot lui-même mérite d’être repris avant d’aller plus loin : la page qui explique ce que le mot recouvre distingue la rééducation du geste de la graphologie, qui regarde la personnalité et non la lettre. Et le cadre d’exercice de ces pratiques se vérifie ailleurs que dans les livres : la page des les métiers de l’écriture dit ce qui est réglementé et où le titre se contrôle.
| Auteur | Titre | Éditeur, année | Ce que le livre apporte | À qui il s’adresse |
|---|---|---|---|---|
| J. de Ajuriaguerra, avec M. Auzias, A. Denner et d’autres collaborateurs | « L’écriture de l’enfant », 2 tomes, dont « L’évolution de l’écriture et ses difficultés » et « La rééducation de l’écriture » | Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, éditions successives, années 1960 à 1970, année exacte à confirmer au catalogue | Le socle descriptif du champ et l’échelle historique d’évaluation de l’écriture de l’enfant | Le lecteur qui veut l’histoire des notions, et non une méthode à suivre |
| Robert Olivaux | « Désordres et rééducation de l’écriture » | ESF, 1971 | La pratique de rééducation telle qu’elle se formalise au début des années 1970 | Le lecteur qui documente l’histoire de la pratique |
| Robert Olivaux | « Pédagogie de l’écriture et graphothérapie » | Masson, 1988, réédition L’Harmattan, 2005 | Un cadre pédagogique et graphologique assumé, antérieur aux classifications actuelles | Le lecteur averti, qui sait distinguer un cadre ancien d’un vocabulaire actuel |
| Chantal Thoulon-Page | « La rééducation de l’écriture de l’enfant : pratique de la graphothérapie » | Masson puis Elsevier Masson, années 2000 à 2010, année à confirmer à la fiche d’éditeur, ISBN 9782294008382 | Un ouvrage de pratique régulièrement cité dans les formations francophones de graphothérapie | Le professionnel ou l’étudiant qui veut le déroulé d’une pratique |
| M. Charles, R. Soppelsa, J.-M. Albaret | « Échelle d’évaluation rapide de l’écriture chez l’enfant », le BHK | ECPA, 2003, réimpression 2007, diffusion reprise par Hogrefe | L’outil d’évaluation de l’écriture très utilisé en France dans l’examen de la dysgraphie et du trouble développemental de la coordination | Le professionnel de santé, seul à en faire un usage d’évaluation |
Les outils d’évaluation, et pourquoi ils ne se lisent pas comme un livre
Le BHK échappe à la forme du livre : c’est un outil d’évaluation, avec une passation standardisée, une cotation et des scores. La passation tient dans une copie : l’enfant recopie un texte standardisé pendant environ cinq minutes, et la cotation porte sur des critères observables, au niveau de la forme des lettres, de leurs dimensions, de leur inclinaison, pour produire une mesure de qualité d’écriture et une mesure de vitesse. Une version pour adolescents existe. Un outil de ce type ne se lit pas pour s’appliquer à soi-même ni à son enfant : ses chiffres ne veulent dire quelque chose que passés dans les mains d’un professionnel formé à le passer, et ce magazine ne reproduit ni grille ni seuil. Ce que l’évaluation regarde, dimension par dimension, se décrit sans outil dans la page sur ce qu’un bilan observe, qui suit la même ligne : expliquer la démarche, jamais la faire passer.
Par où commencer selon ce qu’on cherche
Qui cherche d’où viennent les mots, de la gêne graphique à la rééducation, commence par Ajuriaguerra, en le lisant comme une source datée. Qui prépare une formation à la pratique lira Thoulon-Page et Olivaux, en gardant la distance que leur ancienneté impose, et en vérifiant le cadre d’exercice dans les pages qui traitent des métiers plutôt que dans une plaquette. Qui cherche à faire évaluer une écriture ne commence par aucun de ces livres, mais par la démarche décrite dans la page sur le bilan, puis par un professionnel de santé. Et qui cherche simplement le goût d’une belle écriture, hors de toute rééducation, trouve sa place dans la belle écriture, la rubrique dont cette page fait partie. La pile de lecture bouge : chaque nouvelle lecture, chaque édition retrouvée, se date dans les notes de la rédaction, et cette page se réédite avec elles.
Cette bibliographie cite des ouvrages, elle n’en vend aucun : les références se vérifient dans les catalogues publics, un ouvrage ancien se lit comme une source qui date une idée, et aucune page de ce magazine ne remplace un professionnel formé à l’évaluation de l’écriture.